Le toit des Alpes. Le plus haut sommet d'Europe occidentale. Et l'une des ascensions les plus exigeantes et les plus convoitées du continent.
Le Mont Blanc ne mesure pas exactement 4 807 m. Enfin, pas toujours.
Depuis 2001, des géomètres-experts de Haute-Savoie en font l'ascension tous les deux ans pour en mesurer l'altitude au centimètre près. Résultat : le chiffre ne cesse de varier. En 2007, le sommet avait atteint son record mesuré à 4 810,90 m. En 2023, il ne culminait plus qu'à 4 805,59 m, son niveau le plus bas depuis le début des mesures.
La raison ? Le sommet du Mont Blanc est recouvert d'une calotte neigeuse dont l'épaisseur fluctue selon les vents et les précipitations. Le pic rocheux, lui, est figé à 4 792 m. Ce que les géomètres mesurent, c'est la neige au-dessus. Et la neige, ça bouge.
Le point culminant peut même changer de position géographique d'une année sur l'autre, parfois de 60 mètres dans l'axe Chamonix-Saint-Gervais. Le Mont Blanc, en somme, est un sommet vivant.
Le 8 août 1786, Michel Paccard et Jacques Balmat atteignent le sommet pour la première fois. Altituderando C'est le point de départ de l'alpinisme moderne. Chamonix devient en quelques décennies le berceau d'une pratique qui va transformer le rapport de l'homme à la montagne.
Dès 1785, avant même la première ascension, Horace Bénédict de Saussure fait dresser des abris rudimentaires sur les voies d'accès, au pied de l'Aiguille du Goûter, puis aux Grands Mulets à 3 050 m. Ffcam L'idée du refuge de haute montagne est née ici, sur les flancs du Mont Blanc.
En 1853, la Compagnie des Guides de Chamonix inaugure le premier vrai refuge aux Grands Mulets. Ffcam Les guides italiens de Courmayeur ouvrent de leur côté leurs propres voies, par le Col du Géant et l'arête des Bosses, cherchant un accès depuis la vallée d'Aoste.
C'est la voie la plus empruntée. Elle part du terminus du Tramway du Mont-Blanc au Nid d'Aigle, passe par la cabane des Rognes, le refuge de Tête Rousse, le couloir du Goûter, l'arête du Goûter, la cabane Vallot, puis l'arête des Bosses jusqu'au sommet. IGEDD
Techniquement accessible pour un alpiniste préparé, mais pas une sortie à prendre à la légère. Le schéma de fréquentation des alpinistes dans le couloir du Goûter est souvent inadapté au risque réel de chutes de pierres, particulièrement important dans ce passage. Espace-mont-blanc
C'est l'itinéraire de Balmat et Paccard. On passe par le Plan de l'Aiguille, traverse les glaciers jusqu'au refuge des Grands Mulets à 3 051 m, puis remonte par le Petit et le Grand Plateau pour rejoindre la voie du Goûter au col du Dôme. Ffcam
Cette voie est très prisée au printemps par les skieurs-alpinistes. En dehors de la saison ski, c'est une alternative à l'écart du surtourisme, exposée aux chutes de séracs mais magnifiquement sauvage. Ffcam
Plus technique, plus engagée. On part de l'Aiguille du Midi, on passe par le Mont Blanc du Tacul, le Mont Maudit, et on rejoint l'arête des Bosses. Une voie pour alpinistes expérimentés, avec un dénivelé conséquent le jour J.
Au départ du refuge des Cosmiques, accessible en 45 minutes par le téléphérique de l'Aiguille du Midi, le dénivelé sommet-refuge est de 1 425 m. La journée d'ascension et descente dure 13 à 14 heures. La Chamoniarde
Première étape pour ceux qui montent de Saint-Gervais. Géré par le CAF, il marque la fin du terrain accessible avant la haute montagne. Réservation obligatoire.
Inauguré en 2013 en remplacement de l'ancien bâtiment, il s'est imposé comme une vitrine des Alpes françaises, une forme ovoïde ultramoderne perchée à près de 3 835 m. France 24 Grande capacité, gestion rigoureuse, réservation indispensable. C'est ici qu'on passe la nuit avant l'attaque finale du sommet.
Un bivouac d'urgence, pas un refuge géré. Situé juste avant l'arête des Bosses, il sert de dernier abri en cas de coup de vent ou de problème physique. Ne pas y compter pour dormir confortablement.
L'ancien refuge du Goûter, à 3 817 m et fermé depuis 2013, va être démonté à partir de juin 2026. Orange Ce bâtiment construit dans les années 1960, d'une centaine de places, avait longtemps fait le travail avant d'être remplacé par le refuge actuel. France Bleu
Le chantier se déroulera du 1er juin au 15 août 2026. Pour préparer les travaux, la voie normale sera fermée pendant deux jours dans la seconde quinzaine de mai, en raison de purges de glace et de chutes de pierres dans le couloir du Goûter. Le chantier lui-même n'entraînera pas de fermeture. Radio Montblanc
Et la suite ? L'ancien refuge sera rebâti à l'identique dans le parc thermal de Saint-Gervais, avec l'idée de le rouvrir au public à des fins pédagogiques. Groupe Ecomedia Un bout d'histoire alpine qui descend dans la vallée.
Depuis 2020, une Zone de Protection des Habitats Naturels encadre la fréquentation de la voie normale. Elle prévoit la réservation obligatoire des refuges et l'interdiction de bivouaquer entre le col du Mont Lachat et le sommet. La Chamoniarde
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Données refuges et réglementation susceptibles d'évoluer. Toujours vérifier les conditions auprès des gardiens et de la Compagnie des Guides avant de partir.